« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir

Ma recherche a commencé à partir de cette phrase de Samuel Beckett à la fin de la représentation du spectacle MAY B de Maguy Marin en mai 2014. Les danseurs saluent, les spectateurs applaudissent et s’en vont. Je reste clouée sur mon siège, immobile, regardant dans une demi-présence tout se dérober, du vacarme au silence j’entends la fin. Toutes les lumières s’éteignent, je suis seule à regarder la poussière de l’ombre disparaître. Les limites du réel se fissurent et le tremblement se fait entendre au loin. « La fin est dans le commencement et cependant on continue.» Me murmure Beckett. Mais comment continuer ? Comment figurer l’irreprésentable ? Une recherche répétitive de ces personnages au regard cerné, fatigué d’un temps où plus rien ne peut arriver, un temps qui n’attend plus personne. Un temps écroulé. Ces personnages m’habitent, qui sont-ils ? Un désir d’aller à leur rencontre. Ils sont un peu de moi certainement, un peu de ces personnes autistes que j’accompagne où leur corps ne semble plus tenir, où la verticalité est constamment mise en péril. C’est peut-être aussi « l’Innommable », un être sans nom, celui qui continue à « essayer d’être » malgré tout. Comment figurer cet « essayer d’être » en quelques lignes ? Tel est mon point de départ pour continuer.

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